Manifeste potache

Le potache aujourd’hui est nié, snobé, incompris. Le potache n’a pas droit de cité, ni de citation, il est bête et méchant, mineur et minoré.
Le potache est en danger. Le potache est notre seul secours.

Le potache n’est pas seulement l’humour des collèges et des cours de récré, il ne s’oublie pas sitôt passées les portes des internats et des casernes. Le potache n’est pas dissipation, il est subversion ; il n’est pas indiscipline et turbulence, il est la vie même.

Le potache transcende l’histoire, la dépasse et la bouscule ; il est le chœur des petits face à la catastrophe de l’histoire.

Le potache défie et nargue, tire la langue montre son culture et abat les idoles. Le potache c’est la vie qui s’en fout et tape joyeusement sur les clairons funèbres de la renommée ; c’est le souffle qui se saccade, c’est le rire qui égare.

Le potache est bête et méchant et le revendique haut et fort, le potache se fout des académies et des légions, il court sur les murs et chie sur l’autorité.

Le potache est transgressif malaimable et idiot, il est antiautoritarisme subversion pagaille.

Le potache, c’est un couac dans un concert, c’est la boule puante et la tarte à la crème, l’éclat de rire à la barbe des inspecteurs.

Le potache naît des écoles pour leur résister se joue des armées se défile devant la marche au pas.

Le potache a la langue verte et bien pendue, le calembour facile et mauvais. Le potache se marre quand il est collé et se prend des torgnoles quand il rentre. Le potache recommence.

Le potache couaque croasse cocote et glousse. Il piaffe en imitant les grands poil aux dents, il muse musique dans sa cuisine et se roule dans la boue.

Mais le potache sait se faire sublime: il caracole roule et roucoule devant Spike Jones, il rugit et exulte sous les doigts d’orfèvre de Zappa, se marre chez Ray Ventura, les Charlots et les collégiens instrumentés outillés, il se montre et se marre sur les planches de Gotlib et de Jarry.

Le potache renaît des assauts des pétomanes et des hommes orchestre, se fout du convenu et des institutions en costume, le rire avant tout et les copains d’abord.

Le potache fait popo, le potache fait tache, il est scabreux et libidineux, le potache fait mal et fait bien, toujours se marrer voilà son credo.

Le potache rompt sans plier, casse sans les briser, fait trois petits tours et des éclats. Il vous regarde face caméra parce qu’à plusieurs on rit mieux, pète les histoires attendues et renverse tout, déménage les personnages et dégage les morales.

Potache c’est ne pas y croire et tout réinventer, se poiler avec les copains et courir devant le facteur.

Potache, c’est la culture aimée et jubilée, le sublime que t’atteins quand tu chopes un peu de beauté pure defragmentée, quand t’emmerdes la mort, quand t’es pas tout à fait mort.

Potache, c’est le tragique à l’envers, on sait tous mais on se marre, on va pas se laisser abattre, potache, c’est le fatum des écoliers.

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