Gabriel Péri

On rentre à Paris le cœur gros, des funérailles en Dordogne. Mon grand-oncle, Gabriel ; ça ravive la perte de sa femme, ma grand-tante, un matin de mariage. On ne parlera plus patois — c’est la même chose qu’avant, avec une nouvelle chaise vide, et un peu plus de silence.

Impossible d’y aller, trop peu de temps, trop de route, mais on y pense gros comme ça. Et à son absence, et à la peine des autres, et à la sienne — ça fait comme une grosse boule qu’on tait.

Les mêmes trains que d’autres fois, la valise un peu plus lourde peut-être, un peu plus de peine à Montparnasse. Tout roule, quelques accrocs.

Le métro, le même, les mêmes voitures, la même station, de nouveaux sons. Gabriel Péri.

Pendant deux semaines, la station sonnait macabre.

Puis j’ai oublié. Les sons sont revenus, les connotations sont parties. Il reste un peu de chagrin dans les bruits des wagons.

 

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