De l’abstrait comme s’il en pleuvait

De la musique avant toute chose, et surtout les lignes que les harmonies me dessinent – drôle de synesthésie, qui n’est pas celle des couleurs, mais faite de mouvements. L’imaginative échauffée et l’oreille en swing, ce sont des mouvements que je vois, de vagues et monumentales formes qui se déplacent, mais surtout, stade suivant deuxième piste du disque, des mouvements sentis, quelque part entre l’épaisseur des viscères et la finesse de la peau aux poils hérissés. Troisième piste, et c’est de l’intérieur, favorisée par le casque hermétique, le chant mal assumé – mais les portes sont fermées ! – que montent les lignes de la musique. Ce drôle de sentiment de transcendance, tout nerveux qui me projette hors de moi-même.

Il y a dans les moments de crescendo, quand ils se trouvent renforcés par un choral, un canon et l’explosion des instruments, si possible vibrants comme les cuivres, et la syncope qui retient le souffle, ménage une salutaire respiration.

Les voix dans ce ciel projeté ouvrent un nouvel infini: fantômes hurlant depuis les confins de l’univers, que les canons explosent, que les fugues dévastent. Il y a des feux d’artifices, purs mouvements éphémères dans ces turbulences sensibles, quelque chose de la saveur du cosmos.

Et c’est, d’une certaine manière, aux aléatoires hypnagogies des écrans de veille que ressemblent ces profondeurs agitées.

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