Sur le retour

J’ai toujours senti une certaine angoisse dans les transports du rail, une de ces angoisses vagues et sourdes que l’on peine à définir. Il faut dire que, comme tout le monde, j’en ai vécu, des départs, en chagrin et en pagaille. Parfois, c’est de parcourir un long couloir, vide ou plein peu importe, c’est l’absence de fuite en voyant des perspectives immenses qui me fait frémir.

Il y a, dans le siège vide à côté du mien dans le TGV, dans la foule souterraine amassée, comme un abîme qui se déchire, dont le bruit est étouffé par un départ de train.

Est-ce de ne pas pouvoir dévier des aiguillages ? Ma peur de l’avion est bien plus physique et immédiate – et si on s’écrasait ? Mais je ne vois jamais de tôle froissée comme j’imagine des débris sur l’océan, ou mes parents guettant, angoissés, les nouvelles d’un vol disparu. C’est la sensation du départ, l’attente dans un hall, la course dans un boyau du métropolitain, l’arrachement du train qui démarre.

Il reste que ce train, il faut le prendre, et le couloir avant et le quai qui le suit, les bagages et le cœur à bout de bras. Ça reste dans la fatigue du voyage, des muscles endoloris et dans l’épaule qui déraille. Peu à dire sur ces moments qui font passer et qui se sentent par les espoirs dont on garde une trace – et parfois, c’est l’autre qui part.

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