Rêveries

Rien n’est aussi précieux ni aussi vain que les rêveries. Elles n’ont ni la consistance du réel, ni l’excuse du rêve; elles passent, mais elles ont la saveur des jours heureux – ceux qui n’existent plus, ceux qui ne viendront peut-être jamais.

C’est pour cela que les rêveries restent empreintes de mélancolie : elles portent la perte des souvenirs non advenus. Mais ce serait oublier l’incroyable douceur et les mouvements de ces rêveries sans existence, car celles-ci s’incarnent en nous et elles mêlent le rêve à la réalité, l’idéal au corps. Elles ont autant le goût des utopies que la saveur des pertes.

Si elles transforment le réel, elles pêchent par leur oubli de toute politique – sans être pour autant toujours individuelles. Elles incarnent ces transformations qu’elles ne peuvent produire ni avouer.

C’est du goût du mouvement que se nourrissent les rêveries : du dedans au monde, elles sont d’abord un élan d’amour sans objet, un entraînement liant le corps à l’âme en vagues et en joies, un entraînement à la beauté de vivre.

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