Toutes les histoires de fantômes

On n’aime jamais que ce que l’on croit voir, et dans ces vagues reflets se retrouvent parfois des éclats d’autres. Toi, c’est ton absence que je retrouve comme la manifestation la plus nette de ton corps, tes silences, qui pesaient comme des mensonges – cette peur d’être à charge, ces armes en réserve. On s’est aimés par des livres et des films, du papier transporté par kilos, dans des valises que je portais, seule, de gare en gare, d’un départ à l’autre, tentant d’habiter le monde.

C’est une pensée qui m’a accompagnée dans ces années de réflexions qui se tournent, une pensée de toi et du mal qu’il t’arrivait de me faire, parce que tu n’avais pas pu parce que tu avais tu, et que je me retrouvais bien seule à tes côtés. On n’aime jamais que des absents, qui contredisent peu, et qui sont faits de nos rêves. Il reste si peu de choses à faire pour finir, et ça n’en finit pas de mourir, à petits feux, de te voir, peut-être enfin, réduit au fantôme auquel j’ai essayé de donner vie. On ne sait plus ce qu’on aime quand c’est un gouffre, et qu’il est impossible de vivre en Danaïde. Je reste, bras ballants, dépossédée de ce que je savais n’avoir jamais eu, toujours l’odeur d’un train dans la tête, et un métro dans les pattes,

Elle a pris tant de place, ton absence.

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