Le grand Oracle

Premier jour. Les préparatifs furent harassants et collapsiques. Quelques expédients mis de côté mais oubliés: il me faudra trouver de quoi me ravitailler sur la route, par un troc quelconque. Le grand oracle ne peut plus attendre: mes deux sacs sur les épaules, je franchis le seuil et j’entreprends la longue descente des sept ciels. Je parviens à éviter la zone des longs bavardages: ma mission doit rester secrète.
Parvenue à l’air libre, je décide d’economiser mon oxygène pour gâter le pas – les vapeurs attendront l’orée du temple. Pas d’incantations à la déesse des hauteurs, sortie par des prêtres les seuls jours de soleil. Je marche contre les éléments, le vent égaille mes cheveux que je maintiens d’une main alourdie par mon fardeau – le modèle miniature de nouveau transmetteur, dont gris foncé s’assortit avec mes cernes.
Parvenue à l’angle de la rue, j’esquive quelques autochtones inquisiteurs, contourne un campement de fortune et entame ma catabase – cinq siècles avant l’arrivée de Charon. Les stations se multiplient dans une passion effroyable et dense: c’est la période des grands pèlerinages. Un indocile essaie de me chasser du roc où j’ai trouvé refuge: un coup de mon barda adroitement placé le tient à distance. La vie est un combat.

Le passage du premier gué est compliqué: des émissaires du grand Basile nous arrêtent et nous somment de montrer nos sceaux impériaux. Ils arrêtent un quidam qui tentait de leur échapper, je me faufile, légalement, et parviens à la prochaine nacelle. Cinq stations nous séparent du grand pont, qui me permettra de rejoindre rapidement la lointaine contrée de l’Oracle.

Les rapides menant au grand pont m’entraînent, et les haleurs sur les rives m’inquiètent: j’appréhende une attente imprévue pour accéder au grand pont. Déjà, un manant qui m’avait repérée a été, par mes bons soins, laissés à la dérive des nacelles: ses yeux annonçaient des intentions peu louables, et je craignais déjà d’être réduite en esclavage dans une de ses pensions qui bordent le grand pont.

La traversée des octrois se fait lenteur et difficultés, dans les vapeurs de souffre pestilentielles et les chaos des familles. Sur le grand pont, tous ne sont pas assis dans les galères régulièrement affrétée, mais j’ai su voir derrière des paquetages un siège laissé vide.

Arrivée dans la grande contrée. Je connais déjà les passages qui offrent des raccourcis non négligeables, malheureusement empruntés par les pâtres guidant les enfants en transhumance. Peur d’en attraper un, je les observe de loin – ils ne m’ont pas vue. Commence la grande ascension: c’est au sommet que réside l’Oracle, dont j’attends la parole prophétique.

Dépôt en septembre 🙂

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