Au stade.

Un grand bruit beaucoup de poussière – tout vole en éclats.

Dans les vestiaires de l’aile nord du stade RivcroischicTM, un trou a surgi, creusé le sol et les plafonds. Après la déflagration, le silence, puis tout le monde hurle, quelques joueurs sortent dénudés démembrés des vestiaires, le logo des maillots en nylon imprimés sur leurs corps en lambeaux, les caméras qui tournent toujours, elles sont prévues pour tourner sur la lune, filment leur arrivée sur le gazon. Les tribunes roulent en vagues défaites, se vident, tous se rassemblent sur la pelouse, les caméras tournent et continuent de tourner, zooms et plans arrière.

Les images sur les écrans géants décuplent la panique, les stadiers se ruent vers les vestiaires, l’équipe décimée, du sang sur le carrelage du vestiaire, déjà des gravats, il faut regrouper les spectateurs sur la pelouse, une bombe a explosé, une autre peut venir, on parle en goûtant ce cynisme de bombes solidaires.

Le président est discrètement évacué.

Les gravats déjà gênent la course des stadiers vers le vestiaire, deux joueurs en tiennent un autre par les épaules, un tronc mutilé, on se demande où sont ses jambes puis ses bras, du sang en cascades glougloutantes les fait glisser, quelqu’un trébuche sur un bras.

Les caméras tournent sur des générateurs de secours, elles retransmettent sur tous les grands écrans le trou du bâtiment, la foule qui hurle. Patrick Collester, l’animateur de la rencontre, appelle au calme en volutes suraigues. Les tribunes vidées, la pelouse pleine de spectateurs, les stadiers courent autour de la pelouse, les vigiles cherchent à comprendre, personne ne sort.

Les caméras continuent de tourner, un craquement se fait entendre, un nuage de poussière étouffe les spectateurs et Patrick Collester et le président dans les couloirs souterrains du stade, assourdit l’effondrement du virage nord de toute l’aile nord du stade RivcroischicTM, un des écrans géants comme un drapeau sort des cendres, le bâtiment s’écroule sur lui-même, l’écran projette et multiplie la poudre du bâtiment, les caméras tournent et retransmettent les débris en pagaille, l’écran un instant vacille tombe sur la foule à ras du gazon, ferme l’antre creusée par le feu et la fureur de la bombe.

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