D’hiver.

M. ne regardait pas par la fenêtre: penché sur son ordinateur, il restait légèrement penché sur l’écran bleuté, tandis qu’un frisson le parcourait. À côté de l’écran, un mug cessait de fumer, tièdement radouci, auquel il témoignait, de temps en temps, une attention goulue. La fenêtre, fermé et occultée par des rideaux, lui masquait les flocons qui spiralaient dans le vent. Une couverture sur les genoux, alors que la température ne baissait pas encore dans la pièce: ce ne serait qu’à l’heure de se coucher, dans le lit vide, que la chaudière centrale de l’immeuble serait arrêtée pour la nuit. Il avait, pour se concentrer davantage sur ses recherches, désactivé les afpops, installant un vide dans la synthèse qu’il s’efforçait d’achever. Le silence de la pièce l’entourait comme la couverture ses genoux, un mot après l’autre, avant de surligner le passage pour réécriture.

Plus tard, il se coucherait, pour préparer le lendemain, dans un présent qui durait avant le sommeil. Les draps lui sembleraient froids, la nuit sombre, le quotidien désespérant.

 

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