Le troisième jour.

Aucun souvenir n’est resté du réveil, ni du deuxième jour, de son étendue comme de son parcours – or cet étrange projet, retourner le voir pour lui expliquer que c’était mal, que je n’avais pas voulu, et cette deuxième fois non plus je ne l’ai pas voulu.

Il n’y avait qu’un lit d’ouvert le troisième matin, et je ne me souviens que de ce moment, encore dans sa chambre, où j’ai choisi de choisir, ma veste tombant de mes épaules au sol.

Ce n’était pas de ce genre de choix, bien éclairé, que l’on suppose à la signature d’un contrat, ni même l’enthousiasme qui devrait accompagner les transports amoureux. C’était, beaucoup plus sûrement, le choix de choisir même après-coup, et peut-être, d’après le mot d’un qui a été trop proche, mon premier choix de femme – ça, je ne le comprends que maintenant.

Ce choix qui n’en était pas un, ce n’était pas un élan ni vers lui, ou pour l’amour ou la gaudriole, mais ce moment où je ne pouvais me faire sujet qu’en m’assujettissant – puisque je ne peux rien changer, alors je vais le décider – et c’est un gouffre qui s’ouvre alors, duquel je n’ai retenu que cette résurrection, le reste en oubli, et moi-même avec.

Ce troisième jour a longtemps semblé le premier: c’était celui de vivre en ayant traversé, seule, l’impossible à tombeau ouvert.

 

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