Pop phil(i)o

C’est peut-être parce qu’elle a l’air idiotement drôle, mais la chanson de Lio et Jacky, Tétéou (1985, on s’en doute à la palette chromatique et au tempo) révèle quelque chose de l’impossibilité d’une enquête philosophique au féminin – ou, comme l’écrit Christine Delphy dans la préface de Classer/dominer, de l’oubli du collectif dans l’élaboration du cogito cartésien. Chanson du sujet impossible, Tétéou peut répéter l’interrogation fondamentale de la reconstruction d’un sujet dissocié et abîmé, par la parodie évidente du film noir: l’enquête appelle enquêteur, jeux de mots sylleptiques dès l’ouverture (on n’oublie ni les paroles, ni la parodie), narration, au passé de l’enquêteur – qu’il est loin, le sujet féminin – de l’enquête, entrecoupée des dialogues (au discours direct: le film se retrouve par l’entrecroisement des scènes et de la voix off). La tentative de reconstruction trouve sa cause: les « grandes nuits qui finiiiiiissent dans de petits mouchoirs », soulignée par un jeu d’antithèses aussi pathétique que prosaïque. C’est ainsi la vie qui rattrape et exclut le sujet féminin de la philosophie classique, et ne le renvoie aux confins de la parodie pop.

Bon, j’avais pas envie de bosser: ce matin, c’était café dansant…

 

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