Vers le plafond.

Et l’acrobate, debout sur la chaise, arc de cercle, fait du plafond une tangente – celle qu’elle voudrait prendre, en agitant ses bras et son corps douloureux, à effacer des traces de mouche, l’immaculé comme horizon, la fatigue du corps pour en oublier la souillure. Ça se répétait de temps à autre, cette scène, de la colère rentrée en dedans, de la tristesse à taire, et la crasse débusquée des murs, l’hypallage qui devient mode de vie: elle se fait ménagère pour oublier celle qu’on l’a fait être, le sujet des royaumes des autres, toujours ceux dont elle devait habiter les caves et les égouts – les récurer, en accueillir la crasse et en faire la purge.

La répétition de la domesticité ménagère, la mégère qu’elle n’arrivait pas à être, la bonne comme seul rôle su, et elle se retrouvait, encore, debout sur une chaise précaire, une éponge sale à la main, la javel lui coulant dans des yeux secs, les siens peut-être, ceux qu’elle gardait grand fermés, s’efforçant d’oublier et de briquer.

Funambule d’elle-même, elle cherchait un fil auquel s’accrocher – ou se pendre.

 

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