Feuilles détachées.

Réveil difficile, ce matin. La préparation en automate, la marche cahotique jusqu’au métro, et rester debout jusqu’à ma station, les yeux mi-clos, bras tendu pour me suspendre.

Dans la longue traversée du couloir, je ne vois qu’à peine mon reflet verdâtre dans une des vitrines souterraines: je me traîne jusqu’au quai, attendant un train qui ne vient pas, un sac pesant oublié à mon épaule, les pieds raclant chaque dalle rencontrée.

Quelques badauds s’écartent de la lourdeur de ma démarche. L’œil torve, je sens, de très loin, l’usure de mon épaule, chaque jour plus prête de son détachement – et avant que je ne heurte le bout du quai, les portes ouvertes réorientent ma démarche, dans ce temporaire asile.

Chaque jour se ressemble, dans l’attente du travail et du retour, repos illusoire que je trouve dans l’errance urbaine, vaquant dans des rues désertées. Tous me semblent fuir à mon approche, quand je viens à eux, bras tendus – et l’espérance d’une rencontre s’écarte avec les passants. Mon œil plus torve poursuit sa route, perdant le point fixe de l’horizon, ma tête se balançant au gré de mes pas, l’un après l’autre, sur les pavés.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s