Vol de nuits.

Bien des nuits ont suivi – et les rêves dans des langues qui ne sont pas la mienne, perdue au point de l’avoir égarée. Il se parlait des bribes, il se murmurait des fragments – et ma tête contre le mur au milieu de rêves épars. Peu de choses se tenaient, dans l’oubli que je croyais avoir décidé – et je plongeais, chaque nuit, dans les bras de Léthé. Restait des sensations, le corps en alerte, et domestiqué à obéir ailleurs – moi, je n’y étais plus.

Quelque chose dans les brumes parfois m’évoquait, un livre souvenu sur le chevet, sa voix qui me réveillait, et surtout lui en dessus, un éclair dans une nuit qui s’écartait.

Le sommeil me gagnait et il le chassait, comme les dragons des hallucinations opioïdes – me voulant tour à tour réveillée, et ruisselante.

Ni rêve ni cauchemar, juste cette arrachée au sommeil que, dans Britannicus, Néron voit dans Junie – celle qui, de jour, rêve de griffes de nuit.

 

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