J’ai été violée et je vais bien.

Je ne veux pas être Lucrèce. Je veux à peine être Lavinia, un bâton dans la bouche de son corps-tronc, écrivant dans le sable le nom de ses violeurs.

Je pleure Philomèle et sa gorge tranchée, je regarde sous mes doigts les dessins d’Arachné, et je sais combien les femmes ont dit et ont pleuré.

Je ne veux pas être la bouche d’ombre, je ne suis pas toujours la vérité qui sortira du puits pour briser le silence. Je ne veux plus être Madame Viol, celle qui explique à ses copines ce que veut dire le non qu’on n’écoute pas, et qui entend leur voix trembler.

Il y a des jours où on n’y pense pas, où on parvient à ne plus le sentir – et le goût de merde parfois revient dans le fond de la gorge, avec des sanglots que l’on croyait enfouis.

Et parfois, la tendresse qui monte aux lèvres.

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