Au plafond.

M. allongé depuis longtemps dans son lit trop grand, le regard quelque part vers le plafond, entre deux fissures, à suivre le grain du crépi poussiéreux. Une ombre lui sembla passer – une araignée au plafond, qu’elle lui aurait dit. Il sentit le petit souffle passer par la fenêtre, le quelque chose d’un vent qui se faufilait, en portant le souffle de la rue et un soupçon du dehors, qui lui semblait si lointain. Il suivait le parcours de l’araignée qu’il imaginait, ses longues pattes devinées dans les fils de poussière, l’échappée dans une des fissures, en oubliant les beuglements devenus lointains des affpops qui continuaient à rythmer le silence.

Ses veines sourdaient doucement, il sentait une pulsation gonfler son mollet, dont la circulation était légèrement entravée par un pli de l’édredon. Un bout de sa hanche se coinçait un peu, et il ressentait la peau de son ventre étirée sur ses hanches – il avait légèrement surélevé son dos, mais le confort des corps n’avait que peu de permanence. Les flashs de l’application commençaient, dans le soir tombant, à détacher leurs reflets sur le plafond sale – discothèque pour l’araignée, qu’il s’imaginait.

M. se demandait ce qu’L. aurait dit de la petite promenade qu’il imaginait, autour d’une araignée dont il ne parvenait à savoir si elle existait ailleurs que dans ses yeux asséchés de fixer le plafond. L’ombre tombée dans la nuit le rafraichissait; ses membres s’engourdissaient. Il se demandait, maintenant qu’il avait décidé qu’L. aurait ri de sa blague, comment elle pouvait être partie, et ce qu’il advenait d’elle – et ce qu’il adviendrait de lui.

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