Rien.

– Et tu vois, là, j’ai senti la craquelure en moi, comme quelque chose qui se déchirait – l’impression d’avoir à l’intérieur un immeuble qui s’effondre. Ça fait longtemps, maintenant, mais ma tension est restée dans les décombres !

– Ma pauvre… et en même temps, bon débarras, non ?

– Mais tu sais, c’est comme toujours: il te raconte ses doutes et ses pelures d’un coup quand ça lui vient, et ça lui vient toujours quand toi ça va pas; là, deux fois il m’avait vue pleurer devant lui, tu sais que c’est dur en ce moment, et ça lui est venu comme ça, et lui aussi il a fallu le consoler d’être lui – qui m’en rappelait d’autres…

– Oh, ça, je vois aussi. Ils se mettent à pleurer, se geindre et pleurer, pile poil pour te rappeler à quel point ils sont malheureux du malheur qu’ils répandent, et toi, comme une conne, t’attrapes un mouchoir et vas-y mon petit bonhomme, ça va aller, pendant que tu te dis que c’est bien gonflé, de tout casser et de chouiner encore ensuite que ça ne marche plus.

– Alors moi, je le console, va, je comprends que tu ne m’aimes pas, voyons, je vois bien que ça te rend malheureux, et on va réfléchir… puis j’ai réfléchi, et c’était réglé, rompu, fini, et c’était encore à moi de faire le sale boulot, et de réclamer mes affaires pendant des semaines, parce que c’est difficile d’aller à la poste.

– Oh pauvre ! et je suis sûre que maintenant il veut te soutenir, n’est-ce pas ? Point de fuite pour les braves, comme disait l’autre…

– Mais depuis, il a essayé de faire des choses ? À part aller à la poste ?

– Rien: mais c’est tout ce que je lui demande.

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