J’ai arrêté.

J’ai arrêté de parler à ton urne, et à ta photo,

Mais elle est encore sur la table de la cuisine,

Depuis que je suis venue apprivoiser la maison vide

Et pleine de toi.

Tout est cendre et retournera au cendrier,

Je sais qu’un jour j’arrêterai de fumer

Mais je crois qu’il y a un plus tard, et un pas maintenant,

Je ne vois pas ton fantôme, et je libère les amarres

de nos habitudes,

T’appeler en arrivant

Pour dire que je suis bien arrivée

Et avec le café, juste après le chocolat,

Comme presque tous les jours d’avant

Et parler tard le soir,

Depuis et jusqu’à il y a peu.

Quand je pleure, je pleure,

Et pas toujours quand je pense à toi,

À ta douleur, qui a eu un sens,

Et que j’ai tant de peine à encore accepter,

À ton départ, un midi il y a dix et un jours

Et après la nuit où je t’ai, peut-être, un tout petit peu rassuré,

et lu du Flaubert, alors que tu ne saurais pas ce qu’allait devenir Frédéric Moreau

Et que c’est toi qui partais.

Il me reste à vivre le chagrin et la chance de t’avoir connu,

Et les autres joies que je préparais, et celles qui arriveront

Et que j’essaierai de regarder droit en face

Comme on a combattu, ensemble, ton naufrage.

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