D’écrire, et de parler

Quelques échanges en ligne et hors-ligne m’amènent à mettre par écrit des réflexions de longue date. Il m’a longtemps été difficile de comprendre ce qui faisait une relation amicale, ou même les légères conversations que les Anglo-saxons appellent le small talk ; je ne comprenais pas l’intérêt de parler de la météo – il s’agit, en fait, d’éviter de parler de politique. La conversation est un art particulièrement délicat, et la plupart de ses tentatives sont des échecs plus ou moins avoués ; nombre d’entre nous peuvent être convaincus de l’incommunicabilité de toute chose devant ces périls renouvelés. La conscience des biais sexistes, comme le manterrupting, l’identification assez claire de ce qui fait une mauvaise conversation – celle où l’on n’échange pas, mais où il s’agit de dominer son interlocuteur – ou l’attention que j’aime porter aux dialogues littéraires peuvent rendre intimidante l’entrée en conversation – comme son entretien. Lire la suite

Que faire de l’encombrant corps de l’auteur ?

Cette petite épître, Guillaume, pour reprendre, comme tu m’y invites, la manette ; parce que l’auteur, comme l’œuvre, on ne peut espérer s’en débarrasser aisément. Nous partageons, il me semble, la même méfiance à l’égard de l’auteur, pris dans un sens romantique ; mais cet auteur, il est bien là, si ce n’est pour nous, du moins pour ses fans. Je te suis sans souci, quand il s’agit de voir dans l’auteur ou l’œuvre des fictions : mais l’un comme l’autre existent ; nous vivons de ce consensus, que ce soit en tant que critiques, ou lorsque nous achetons un billet de cinéma, parce que nous aimons un réalisateur ou une réalisatrice. Lire la suite

L’auctorialité dans le JV

Je ne suis pas gameuse (pas vraiment, juste un peu), mais je m’intéresse toujours autant aux game studies, les études du jeu, et en particulier aux études vidéoludiques – sur le jeu vidéo. En tant que littéraire, plusieurs choses m’étonnent, et notamment le retour, permanent, d’un vieux fantôme que l’on croyait disparu : l’auteur. Lire la suite

DAVIDLYNCH.COM, l’étrange théâtre multimédia de David Lynch (2002-2007)

Au début des années 2000, David Lynch, lassé par les contraintes qu’impose le monde du cinéma et de la télévision, s’intéresse aux mutations du web et met en place un site personnel dans lequel il donne libre court à sa créativité. Cette expérience est provisoire mais s’avèrera extrêmement fertile : on peut en mesurer l’empreinte jusque dans la nouvelle saison de Twin Peaks que diffuse actuellement Showtime aux États-Unis.

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