Halloqueen : la nuit des féministes

Le film Halloween de John Carpenter a fait date : premier grand slasher états-unien, il a inspiré la vogue de l’horreur des années 1980, sans parler de la longue suite de la série. Halloween semble tout avoir du film de série B : plusieurs plans y sont franchement laids (notamment dans le prologue), les situations peuvent, lors d’un premier visionnage, paraître plutôt clichés – il faut dire qu’elles ont fait des émules. Si le cinéma d’horreur est régulièrement blâmé pour son sexisme et sa complaisance dans l’objectification et le dénudement de ses actrices, les films de Carpenter semblent échapper à ces critiques, ou du moins présenter une certaine ambivalence. Laurie, la protagoniste d’Halloween, est ainsi constamment harcelée par Michael Myers dans les différents opus du film : elle semble être la victime parfaite – sauf qu’elle ne meurt pas. Elle se défend par ailleurs par des moyens que l’on peut considérer comme typiquement féminins, de l’aiguille à tricoter au cintre ou au couteau de cuisine.

Si l’on peut voir dans l’évolution du personnage une forme d’empowerment et d’émancipation, ce n’est pas, à mes yeux, ce qui peut faire d’Halloween un film féministe. C’est plutôt par un biais totalement cinématographique (plus que narratif) : les mouvements de caméra. Lire la suite

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