Femmes de colère.

Les différents débats actuels, pour minimes qu’ils semblent, comme le manspreading dans les transports, ne me semblent pas profondément intéressants par eux-mêmes –– on retrouve les procédés rhétorique d’invibilisation habituels. Ils ne changent pas : on l’a vu avec Mademoiselle, on le voit encore avec le refus d’appeler un chat un chat – ou un féminicide un féminicide, et non un crime passionnel. Lire la suite

Ces larmes d’homme.

Les larmes d’homme sont plus habituellement appelées, dans les milieux féministes, les male tears. L’expression désigne, non sans une certaine et délectable cruauté, ces moments où, se sentant attaqués, à tort ou à raison, des hommes viennent déverser leurs larmes, souvent virtuelles – mais l’indécence n’a souvent aucune limite – dans des conversations de femmes. Ce sont des hommes qui, alors qu’ils n’ont rien à faire dans une conversation particulière, s’imposent pour se plaindre d’être accusés injustement. Lire la suite

De ces quelques envies d’Amok

La question de la violence laisse toujours le goût d’un non-dit ; elle reste définitivement illégitime, tant qu’on cause de politique par l’action à la Ravaichol ou d’attentat. Mais les représentations de la violence semblent, elles, parfaitement acceptées : la violence est l’apanage du masculin guerrier, les hommes qui vont à la guerre ou à la chasse et peuvent déverser le sang, eux pour qui ils ne coulent pas menstruellement. Lire la suite

Internet et le féminisme (1)

L’apparition et la généralisation du numérique et de l’accès à Internet ont profondément renouvelé le militantisme, et a fortiori le militantisme féministe. Mais ce renouveau ne semble pas encore pris en compte par la presse papier : le dernier numéro de Manière de voir du Monde diplomatique (décembre 2016-janvier 2017, n° 150) ne cite que trois références en ligne, sans consacrer un seul article à ce nouveau militantisme ; l’an dernier, un numéro du Magazine littéraire (avril 2016, n° 566), annonçant un vaste dossier « Où en sont les féministes », restait essentiellement historique et inactuel. Causette n’a questionné le numérique dans un débat consacré à la question que ce 19 janvier 2017 (j’en attends l’upload avec impatience). À l’inverse, les nouveaux modes militants oublient souvent le féminisme. Si les combats et polémiques 2.0 sont relayés par la presse écrite ou la radio, ce n’est pas alors le rapport spécifique qu’entretiennent numérique et féminisme qui est questionné. Lire la suite