Les règles du romanesque

Pas si simple de se passer du romanesque, même quand on sait qu’il est nourri de patriarcat – j’ai entendu qu’Andrea Dworkin restait spectatrice de comédies romantiques. La comédie romantique est, la chose est connue, structurée autour de schémas dignes de films d’horreur: il n’est pas consensuel de plaquer les femmes contre les murs pour les embrasser de force jusqu’à ce qu’elles soient, les idiotes qui n’avaient rien compris, finalement d’accord (non mais oui, suffisait de ne pas demander), ni de parcourir leurs trajets de mots d’amour (ça ressemble tout de même très fort à la première étape d’un slasher), ni d’interrompre un mariage sur un coup de tête.

Le romanesque, ça ne bâtit des couples (déjà discutables) que sur des songes et des symboles – la question est de savoir si la réalité est faite d’autre chose. Lire la suite

Petit éloge du found footage ou l’école du spectateur

Alors qu’il est souvent décrié, un genre cinématographique me retient régulièrement, grâce aux discussions que j’ai avec mon compagnon, qui me l’a fait découvrir, et à l’émission à laquelle il participe: le found footage. Le genre n’a pas bonne réputation: il s’agit en effet le plus souvent d’un sous-genre du cinéma de genre horrifique. Alors que le found footage désigne en premier lieu le réemploi (le montage) de films déjà existants, souvent extraits d’archives, c’est en tant que genre narratif reposant sur une illusion de réalité qu’il est principalement connu aujourd’hui. Un found footage est un film de fiction qui joue sur l’illusion de véracité pour donner l’impression qu’il n’est pas une fiction, et donc qu’il est réel. Lire la suite