À Rochefort, on découpe des demoiselles

J’ai déjà aimé parler d’un des films que j’ai le plus vus, Les Demoiselles de Rochefort, et de son fabuleux art de la transition, que l’on retrouve dans tous les films de Demy: la semaine des Chemins de la philosophie, émission animée par Adèle van Reeth, me donne envie de revenir sur un thème important, quoiqu’occulté, du film: le féminicide. Le film n’est en effet pas si léger que la musique et les couleurs de la ville le laissent croire: si le crime se fait à la légère, il apparaît bien qu’à Rochefort, on découpe des demoiselles. Lire la suite

D’horreur et de musique: le cinéma du réel

Deux genres de films me semblent, non à première vue, mais en y regardant de plus près, étrangement proches: la comédie musicale et le film d’horreur. Ce n’est pas tellement dans leur conjonction en un autre sous-genre, la comédie musicale horrifique, dont le Rocky Horror picture show ou Beetlejuice sont des exemples bien connus, que l’on peut voir les similitudes entre ces deux genres, mais plutôt dans leur traitement de la réalité.

rocky médic Lire la suite

L’art de la transition dans Les Demoiselles

Les Demoiselles ont eu cinquante ans, et c’est comme si c’était hier ; l’enchantement que l’on se plaît à solliciter pour qualifier le cinéma de Jacques Demy garde le même charme. Parce que ses comédies musicales sont allègres, légères et colorées (celles en tout cas que l’on évoque, Peau d’âne, Les parapluies de Cherbourg), on croit expliquer l’incroyable illusion qui nous gagne, quand nous pensons pouvoir surprendre, au coin d’une rue de Nantes ou de Rochefort, des danseurs virevoltants. Mais ce n’est pas le millier de volets repeints dans la ville de Rochefort qui suffisent à expliquer cette étrange impression, pas plus que les seuls sourires éclatants de Gene Kelly ne permettent d’épuiser le charme des Demoiselles. Lire la suite