Stylistique de l’écriture viriliste

L’idée d’un genre de l’écriture, masculin féminin, n’est pas chose neuve: le style des auteurs permettrait de révéler leur genre, une certaine douceur et une mollesse – toutes relatives – placeraient Renan du côté des prêtres efféminés, quand d’autres caractéristiques, comme l’attention au détail, permettrait de ranger les textes de femmes sans trop d’inconvénient. Les thèses d’Hélène Cixous, entre autres, sur ce sujet me paraissent essentialistes, en plus de se consacrer seulement aux femmes: je suis bien plus sensible, en tant que lectrice, à ce qui me semble être non une écriture masculine, mais une volonté de virilisme. Lire la suite

L’art de la transition dans Les Demoiselles

Les Demoiselles ont eu cinquante ans, et c’est comme si c’était hier ; l’enchantement que l’on se plaît à solliciter pour qualifier le cinéma de Jacques Demy garde le même charme. Parce que ses comédies musicales sont allègres, légères et colorées (celles en tout cas que l’on évoque, Peau d’âne, Les parapluies de Cherbourg), on croit expliquer l’incroyable illusion qui nous gagne, quand nous pensons pouvoir surprendre, au coin d’une rue de Nantes ou de Rochefort, des danseurs virevoltants. Mais ce n’est pas le millier de volets repeints dans la ville de Rochefort qui suffisent à expliquer cette étrange impression, pas plus que les seuls sourires éclatants de Gene Kelly ne permettent d’épuiser le charme des Demoiselles. Lire la suite

Il y a du Bon dans Benjamin

Ça n’était pas une mince affaire :  j’allais rencontrer un écrivain, et en plus j’aurais déjà dû.
Bien sûr, encore paumée dans la ville, je parle pas ce latin là, puis le métro non plus, je ne le cause pas bien.
Et je savais bien que ce n’était même pas là que tout devait commencer, parce que commencer, on l’avait déjà fait : c’était une affaire en cours, pas entendue parce qu’on n’avait pas pu se voir, alors s’entendre, c’était encore hypothétique, mais enfin, moi déjà je voulais l’écouter, en imaginant des écrans à venir. Lire la suite