Ce mardi.

C’était un mardi, j’ai cru avoir la date sans savoir si elle était vraie, ce 6 juillet 2004, mais j’avais passé le bac de français et bronzé à la plage, la première année où j’ai su me faire es amis — pas un crew comme dans les films, plutôt des bandes, à droite à gauche – surtout à gauche –, et les joints du samedi soir. C’était l’Allemagne bien loin – Rostock –, sans voir la ville encore moins la plage: on s’est retrouvé en internat, l’élite prussienne dans une ville est-allemande, recrutement sur dossier pour quinze jours de séminaire, la seule qui causait aux dames de la cantine, c’était moi ; et elles ont repéré mes petits déjeuners pour me les préparer – parfois, j’arrivais en retard, parce que je me surprenais à vider les plateaux dans l’arrière-cuisine. Lire la suite

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Encore des fantômes.

L. se réveilla, le lit était vide. Elle se pencha un peu sur le rebord, en quête d’un bruit qui ne venait pas. Le salon, qu’elle voyait à travers la porte restée entr’ouverte, semblait vide – un peu de désordre lui ordonnait du rangement. Lire la suite

Du puits.

Et j’arriverai, grattant les briques enjambant la margelle, l’œil torve et fixe, griffant la pierre visqueuse, clapotant l’eau froide, croupie de tes mensonges et de tes silences, m’accrochant à la moindre aspérité de la paroi pour remonter, nue, luisante à la lumière.

C’est la nuit que tu craindras, celle qui voit les ballons de douleur percer le ciel, et le scrupule te retourna sur ta litière. C’est sous la clarté glauque des étoiles que je surgirai, et tes cauchemars porteront mon nom.

Le corps luisant d’algues, rigide de l’eau qui stagne, la vérité sort de la bouche des meurtries.

 

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