Imagine, une ville

Imagine, c’est une ville, c’est la nuit ; quelques flaques reflètent la lumière des feux de circulation, tu ne les regardes pas, les mains dans tes poches, tu regardes tes chaussures avancer sur les pavés, tu écoutes le bruit que font les semelles à chaque fois que tu les reposes sur le sol, quand tu traverses une petite mare et en diffracte la lumière, tu souris en repensant aux bottes de caoutchouc de tes quatre ans. Comme tu souris, un type que tu croises commence à te baratiner, tu l’esquives comme les flaques, le type s’accroche, oui, à ton bras, et ta main n’arrive pas à sa gueule, tu le conchies d’injures en arrachant ton bras – oui, celui qui te fait déjà mal – et tu traces, encore une fois les semelles de tes docks te serviront juste à ne pas mouiller tes pieds dans les flaques, les jours où t’as le droit de sourire dans la ville. T’as du chocolat, retour à la maison.

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Rêveries

Rien n’est aussi précieux ni aussi vain que les rêveries. Elles n’ont ni la consistance du réel, ni l’excuse du rêve; elles passent, mais elles ont la saveur des jours heureux – ceux qui n’existent plus, ceux qui ne viendront peut-être jamais. Lire la suite

Sur le retour

J’ai toujours senti une certaine angoisse dans les transports du rail, une de ces angoisses vagues et sourdes que l’on peine à définir. Il faut dire que, comme tout le monde, j’en ai vécu, des départs, en chagrin et en pagaille. Parfois, c’est de parcourir un long couloir, vide ou plein peu importe, c’est l’absence de fuite en voyant des perspectives immenses qui me fait frémir. Lire la suite

Par la radio

La voix de Madame D. s’estompait, après quelques grésillements – c’était la fin du communiqué de ce soir. Elle ne pouvait plus qu’attendre la prochaine émission : elle se raccrochait à cette voix qui venait de la nuit comme à un chant des plus désespérés. L. ne pouvait, dans sa cuisine, qu’avoir l’impression d’attendre, puisque c’était déjà un élan vers quelque chose, quand bien même il s’agirait d’un vide. Lire la suite

Retour sur L’Île aux femmes

L’île aux femmes, petit court-métrage que j’ai co-réalisé avec mon comparse Ramo, a aujourd’hui un an et demi. Je suis toujours très fière de cette première vraie réalisation, comme d’avoir pu répondre à une interview pour Barbieturix ; j’ai maintenant envie de revenir sur la genèse de ce petit projet. Lire la suite