Au téléphone

Bien sûr, que ce n’était pas le bon moment – sur la route des toilettes, toute empressée de m’enfermer. Ce n’était pas non plus le bon numéro: ni celui que j’attendais, ni un autre que j’espérais, juste le saut dans l’inconnu en décrochant – tortillée devant la porte.

La voix, je ne la connaissais pas, et pas plus ce qu’elle me voulait. C’était pas le bon moment, et c’était un faux numéro – bien le mien, mais pas celui qu’elle voulait. C’est quand elle a dit qu’elle a commencé à me parler que j’ai eu ma vie à l’envers: elle voulait parler à Zélia, et j’ai imaginé vivre dans l’autre sens, une fois la porte refermée.

Contre-révolution du canapé.

« Les canapés, ces foutus canapés ! »

Il était rare de voir Laure s’énerver avec autant d’éclat; sa sortie tourna vers elle tous les regards. Les amies, réunies dans la cuisine d’Emma, échangeaient maintenant des coups d’œil perplexes, avec une petite inquiétude, quand Marion éclata, mais de rire, cette fois:

« Mais que t’ont-ils fait, les canapés ? »

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Réveil difficile

Réveil difficile dans une matinée placée sous les auspices d’une météo peu clémente – mon anémomètre s’agite sous les bourrasques de vent, j’en ferai le relevé plus tard. La lente montée de l’eau dans le café en poudre me rappelle un alambic – la pince du café a disparu, engloutie par le désordre de la veille – et de l’avant-veille, et des jours précédents – laissés sur la table. Le café achevé, j’en entame la décantation dans une longue attente mâtinée de torpeur, à peine éclairée par l’ampoule intermittente du frigo laissé entr’ouvert.

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