Comment Renanus avec sa langue couvrit tout plein de damnés, et ce que l’autrice vit dedans sa bouche

Ainsi que Renanus avecques toute sa bande entrerent es terres des Rapsodes, tout le monde en estoit joyeux, et incontinent se rendirent a luy, et de leur franc vouloir luy apporterent les clefz de tous textes qu’il vouloit explorer, exceptez les Cabalistiques, pource qu’ils voulurent tenir contre luy, et feirent responce a ses heraulx qu’ils ne se renderoyent: sinon a bonnes enseignes.

Quoy, dict Renanus, en demandent ilz meilleures que la main au pot, et le verre au poing? Allons, et qu’on me les mette a sac. Adonc tous se mirent en ordre comme deliberez de donner l’assault. Lire la suite

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Jablonka, entre Bellemare et Renan

Il m’a enfin été possible, certes tardivement, de lire l’ouvrage Laëtitia, d’Ivan Jablonka. Le livre se place au croisement de plusieurs domaines : il traite d’un fait divers médiatisé à l’échelle nationale, il est écrit par un historien professionnel et il a obtenu le prix Médicis, non pas dans la catégorie essai, mais en tant qu’ouvrage littéraire. De quoi ouvrir des polémiques, si ce n’est un vaste champ de réflexions. Lire la suite

Le mec, le retour

Alors le mec, là, Ernest, il se dit, la seconde partie, faut finir de lire ce que j’ai écrit, on passe la troisième, pédale au plancher et on avance.

La partie, c’est chouette, mais ça devient plus lointain : Ernest, la question n’est plus de savoir s’il va en cours, mais ce que lui il fait, et ce qu’il pense, et qu’est-ce qu’il pense !

Ernest, c’est un gonze qui se dit, le temps, c’est ce qui compte. Il parle pas de sa montre, plutôt, il prend des bains, jamais deux fois la même eau de rinçage. Le temps, c’est pour dire que tout bouge, depuis le début ça swingue. Lire la suite

Voyage au bout de Renan

Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais plus rien à dire, maintenant que j’étais triste. Rien. C’est Marcellin Berthelot qui m’a fait parler. Marcellin, un étudiant, un savant lui aussi, un camarade. On s’était croisé à la pension Crouzet, puis plus lâchés ensuite. Un chimiste, un bon dieu en chambre, comme ils disent ! On se rencontre donc à la pension Crouzet. C’était après le dîner. On se met dans ma chambre, j’ai un poêle. Il veut me causer. Je l’écoute. « Restons pas ici ! qu’il me dit. Faut qu’on fasse la science ! » Alors je me dis, on va la faire ensemble. Voilà. « Cette bicoque, qu’il commence, c’est pour les tâcherons ! Viens par ici ! » Alors, on remarque qu’ils sont tous gâtés, les gamins de la pension, à cause de leurs parents ; faut tout leur faire, tout. Quand ils sont mauvais, pareil, faut qu’ils pensent être des bons ; c’est lui même, qui m’avait dit : « Les gamins du quartier latin, ils vous font des ronds de manche et de l’épate, mais dès qu’il faut faire la science, il n’y a plus personne ; la preuve, c’est qu’ils sont dans les amphis à se pavaner, et on trouve personne dans les labos. C’est ainsi ! Siècle de rhétorique ! qu’ils disent. Où ça ? Grands changements ! qu’ils racontent. Rien n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout. Et ça n’est pas nouveau non plus. Des mots, et encore pas beaucoup, même parmi les mots, qui sont changés ! Deux ou trois par-ci, par-là, des petits… » Bien fiers alors d’avoir fait sonner ces vérités utiles, on est demeurés là assis, ravis, à regarder chauffer notre petite chaudière. Lire la suite