Lynch et les images

On m’a récemment confronté à ce qui pourrait s’apparenter à un paradoxe: comment pouvais-je m’intéresser et aimer le cinéma de David Lynch, alors que je suis, dans le même temps, plutôt allergique aux métaphores ? La chose est rapidement réglée: je ne suis réticente aux métaphores que dans le cadre d’un discours scientifique, car celles-ci me paraissent peu propices à la clarté requise pour pouvoir transmettre une information et une méthodologie à un public – et elles me paraissent au contraire encourager la proportion à l’autoanalyse, par l’étude des métaphores que nous pouvons nous-mêmes proposer en guise d’interprétation. Reste cependant une question: y aurait-il quelque chose de l’ordre d’une pensée métaphorique chez Lynch ? Je ne le crois pas, mais je peux m’en expliquer. Lire la suite

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L’air et les métaphores

D’un peu d’air par la fenêtre, et de vieilles réflexions qui se ramènent, comme les idées entrant dans la chambre de Dario Argento quand, au petit matin, il ouvre les croisées dans une ville italienne. C’est le moment où je me demande si j’ai une âme, et où elle peut bien être – celui où le corps des statues semble frémir, et les métaphores s’agiter. Lire la suite

Renan, visionnaire d’Internet

À mon grand désarroi, il n’existe aucun film ayant enregistré la silhouette de Renan, et pour cause: il est mort trois ans avant l’invention du cinématographe. Il existe – mais plus en ligne – un petit enregistrement d’une soirée chez Gustave Eiffel, où l’on a la voix de Renan – du moins, la voix déformée par un enregistrement encore expérimental, vieux de cent cinquante ans. Je ne peux pourtant m’empêcher de me demander ce que Renan penserait du monde d’aujourd’hui et, surtout, d’Internet. Lire la suite

La chance du présent

Toujours les conversations avec Pierre-Élie, mais un autre axe: savoir si notre époque est créative, et où, et de quelle façon, et de comment ces choses seront vues, et comment nous nous y inscrivons. J’ai la tendance, certainement irritante, de répondre à toutes les questions qui me semblent théoriques et difficiles par le même slogan: plus d’action, moins de question ou, pour ce qui est de la littérature, de la production plus que de la pensée. Ce n’est, littérairement et généralement pas ce que je crois – mais je suis de peu de foi. Lire la suite

Visages villages, et la mort des figures

La discussion avec Pierre-Élie ne cesse, preuve qu’elle achoppe: j’en viens à me demander si, au-delà de la question littéraire, ce n’est pas autour de la question de la figure, voire de l’intellectuel qu’elle débouche – la mort hier de Genette n’y est pas pour rien. C’est que, peut-être, la question ne se pose pas tant entre école et créativité des marges – il y aurait de la créativité littéraire aujourd’hui, il faut la rechercher, avoir un regard plus généreux, et produire soi-même – mais entre figure et groupe – et là, la question se fait politique. Il est de plus en plus banal de voir, après la fin théorique de l’auteur, celle, médiatique, de l’intellectuel: la chose est certainement, pour une bonne part, liée à la spécialisation de l’université, à la soumission aux critères d’excellence en mots-clefs comme à la réduction générale des thèses de sciences humaines – depuis la fin de la thèse d’état jusqu’au raccourcissement en contrat doctoral aterisé et alourdi de la nécessité d’enrichir son C.V. D’autres choses me semblent importantes dans la mort des figures, des grandes figures – des héros/héraults de la pensée. Lire la suite