Il pleut chez Will

Il pleut sur Paris comme il pleut dans les bandes dessinées de Will Eisner – avec plus d’éclaircies, aujourd’hui, entre deux métros. C’est de la déréliction qui tombe du ciel vide dans A Contract with God, et le trait s’en fait, paradoxalement, révélateur: c’est la pluie qui fait la forme le personnage, et qui s’étale en hypallage. Des torrents qui s’écartent des corps abattus comme des trombes, et les mettent en reliefs: c’est bien dans l’ombre que l’on trouve la lumière chez Eisner, celle du trait qui touche.

 

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L’horreur-Mouffe

C’est peu dire qu’Agnès Varda s’est frottée à la plupart des genres cinématographiques, jusqu’à la comédie musicale avec L’Une chante, l’autre pas (1977). Pourtant, un semble absent de sa filmographie : l’horreur, pourtant grand succès populaire de ses débuts, dans les années 1950, à sa mort, en 2019, il y aura bientôt une semaine. Est-ce si sûr ? Il est temps de revoir L’Opéra-Mouffe (1958). Lire la suite

Par don

Il parait que, pour Lacan, l’amour signifie donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. Si je suis souvent agacée par les lacanismes (peut-être plus par ses épigones que de lui-même, mon ignorance veut rester prudente), j’ai été profondément marquée, il y a quelques jours, par cette définition entendue au détour d’une vidéo. C’est qu’en l’amour me semble se retrouver la possibilité du pardon – difficile de sortir du christianisme, surtout en travaillant sur Renan. Lire la suite

Trois degrés d’existence de plus: le réel chez Lynch

Une question revient souvent, notamment dans les discussions précieuses et nocturnes avec mon compagnon: Lynch, c’est du réel ? Cette conversation est revenue la semaine dernière, liée à ma lecture actuelle de La Maison des feuilles de Mark Danielewski. À sa parution, l’ouvrage avait été très discuté sur le forum de davidlynch.com, beaucoup d’internautes y voyant le pendant littéraire des films. Pour ma part, j’y vois l’exact opposé. Lire la suite