Aux confins.

Et on se surprend à rêver, parfois, de ce à quoi ressemblera la fin du confinement. L’étrange angoisse qui nous saisira quand nous pourrons ressortir, après avoir laissé nos rues à la police et à l’armée, à l’air qui nous semblera soudain plus froid, à la distance qui se sera installée avec ceux et celles que nous embrassions sans crainte. Lire la suite

D’une crise l’autre

Il paraît que nous sommes en guerre, non, en crise, et en crise sanitaire. Une fois que l’on a mis de côté l’imaginaire de la guerre, qui ne fonctionne pas, mais qui est bien pratique pour accentuer la répression, il est temps de se pencher sur ce qui fait, justement, une crise.

Alors c’est quoi, une crise ? Lire la suite

De la société du contrat

Il est courant d’entendre que les féministes, en conduisant à l’américanisation puritaine de la société et des ascenseurs, nous amèneraient toutes et tous à bientôt devoir signer des contrats avant d’avoir des relations – généralement avant de regretter une judiciarisation de la même société et des relations intersubjectives. Le reproche est, pour ce qui est des supposés contrats sexuels, parfaitement infondé: de tels documents auraient, au contraire, pour effet d’empêcher les femmes (et n’importe qui d’autre) de se rétracter en cas de changement d’envie, de scénarios ou d’attitude de l’un ou de l’autre – c’est d’ailleurs toujours une idée d’homme, ou de femme voulant protéger leurs fils.

La crainte d’une contractualisation du monde et des relations, notamment amoureuses, accompagne un nouvel âge du capitalisme, fondé sur une marchandisation de nouveaux pans du vivant – je pense, entre autres choses, à l’appropriation marchande des espèces et des génomes par le dépôt massif de brevets. Ce rapprochement est cependant rarement fait, et il est des plus illégitimes: votre petite amie n’a que peu de chances de bénéficier de la puissance économique ou de l’armée d’avocats de Monsanto. Lire la suite

Des femmes et des fantômes.

Je tourne autour de l’idée des fantômes depuis plusieurs mois – elle commence à me hanter. C’est que les fantômes me semblent à la fois une métaphore et une ontologie, une figure et une réalité. Ce n’est pas que je sois adepte de spiritisme, de tables tournantes ou de planchers grinçants. C’est plutôt que les fantômes disent quelque chose des silhouettes des ombres et des silences – et souvent, des femmes. Lire la suite

D’un caprice l’autre

Il est banal de reprocher aux femmes d’être capricieuses: c’est là un poncif, qui n’est que la part émergée d’un vieux reproche d’inconstance – la traduction en temps du reproche d’irrationalité. Le caprice est pour les enfants – et il revient à mesure que l’on fantasme des « enfants-rois », de les avoir pris pour des personnes. Lire la suite