Femmes de colère.

Les différents débats actuels, pour minimes qu’ils semblent, comme le manspreading dans les transports, ne me semblent pas profondément intéressants par eux-mêmes –– on retrouve les procédés rhétorique d’invibilisation habituels. Ils ne changent pas : on l’a vu avec Mademoiselle, on le voit encore avec le refus d’appeler un chat un chat – ou un féminicide un féminicide, et non un crime passionnel. Lire la suite

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Ces larmes d’homme.

Les larmes d’homme sont plus habituellement appelées, dans les milieux féministes, les male tears. L’expression désigne, non sans une certaine et délectable cruauté, ces moments où, se sentant attaqués, à tort ou à raison, des hommes viennent déverser leurs larmes, souvent virtuelles – mais l’indécence n’a souvent aucune limite – dans des conversations de femmes. Ce sont des hommes qui, alors qu’ils n’ont rien à faire dans une conversation particulière, s’imposent pour se plaindre d’être accusés injustement. Lire la suite

Du texte comme une archive

Mes recherches renaniennes comme la situation politique actuelle m’inquiètent particulièrement ces derniers temps. Les hauts taux d’abstention, qui sont une prise de politique claire de refus de la vie politique actuelle bien plus qu’une fainéantise ou un désintérêt, me semblent laisser une vaste marge de manoeuvre à des politiques autoritaires et destructrices – dont la responsabilité ne peut en aucun cas être imputée aux abstentionnistes: ces politiques sont d’abord élaborées par des gens qui dirigent et les orientent, en toute conscience ou du moins en toute bonne foi. L’explosion électorale de la gauche à laquelle nous assistons risque d’éteindre les forces de gauche – ou de mener à des changements radicaux, encore inimaginables. La mauvaise santé de l’ESR, soumise à une pression manageriale certainement néfaste à la vie des idées comme à leur expression – m’inquiète dans le même temps. L’avenir semble des plus incertains ; peut-être nous faut-il croire la dystopie possible. Lire la suite

D’écrire, et de parler

Quelques échanges en ligne et hors-ligne m’amènent à mettre par écrit des réflexions de longue date. Il m’a longtemps été difficile de comprendre ce qui faisait une relation amicale, ou même les légères conversations que les Anglo-saxons appellent le small talk ; je ne comprenais pas l’intérêt de parler de la météo – il s’agit, en fait, d’éviter de parler de politique. La conversation est un art particulièrement délicat, et la plupart de ses tentatives sont des échecs plus ou moins avoués ; nombre d’entre nous peuvent être convaincus de l’incommunicabilité de toute chose devant ces périls renouvelés. La conscience des biais sexistes, comme le manterrupting, l’identification assez claire de ce qui fait une mauvaise conversation – celle où l’on n’échange pas, mais où il s’agit de dominer son interlocuteur – ou l’attention que j’aime porter aux dialogues littéraires peuvent rendre intimidante l’entrée en conversation – comme son entretien. Lire la suite

D’auteur et d’humilité dans les sciences

Les réflexions menées ces derniers jours sur l’auctorialité dans le jeu vidéo m’ont conduite à questionner plus largement le statut de l’auteur, mort ou pas. Des retours – pas si nombreux, quand on écarte les demandes d’éclaircissements – et réactions qui ont été laissés sur ma page, j’ai pu me rendre compte qu’il fallait toujours plus d’humilité quand, malgré toutes mes volontés de clarté, on me prête l’inverse de ce que j’ai voulu dire. Lire la suite