Lynch et les images

On m’a récemment confronté à ce qui pourrait s’apparenter à un paradoxe: comment pouvais-je m’intéresser et aimer le cinéma de David Lynch, alors que je suis, dans le même temps, plutôt allergique aux métaphores ? La chose est rapidement réglée: je ne suis réticente aux métaphores que dans le cadre d’un discours scientifique, car celles-ci me paraissent peu propices à la clarté requise pour pouvoir transmettre une information et une méthodologie à un public – et elles me paraissent au contraire encourager la proportion à l’autoanalyse, par l’étude des métaphores que nous pouvons nous-mêmes proposer en guise d’interprétation. Reste cependant une question: y aurait-il quelque chose de l’ordre d’une pensée métaphorique chez Lynch ? Je ne le crois pas, mais je peux m’en expliquer. Lire la suite

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Quelques mots de Jetée

L’exposition consacrée à Chris Marker, qui suit une rétrospective que j’ai idiotement ratée, m’a offert un nouveau visionnage de son ciné-roman, considéré comme un film de science-fiction. L’expérience était d’autant plus émouvante qu’elle a pris place au sein d’une scénographie magnifique, autour de très nombreux objets personnels de Chris Marker, issu du fonds légué à la Cinémathèque. Lire la suite

À Rochefort, on découpe des demoiselles

J’ai déjà aimé parler d’un des films que j’ai le plus vus, Les Demoiselles de Rochefort, et de son fabuleux art de la transition, que l’on retrouve dans tous les films de Demy: la semaine des Chemins de la philosophie, émission animée par Adèle van Reeth, me donne envie de revenir sur un thème important, quoiqu’occulté, du film: le féminicide. Le film n’est en effet pas si léger que la musique et les couleurs de la ville le laissent croire: si le crime se fait à la légère, il apparaît bien qu’à Rochefort, on découpe des demoiselles. Lire la suite

Retour sur L’Île aux femmes

L’île aux femmes, petit court-métrage que j’ai co-réalisé avec mon comparse Ramo, a aujourd’hui un an et demi. Je suis toujours très fière de cette première vraie réalisation, comme d’avoir pu répondre à une interview pour Barbieturix ; j’ai maintenant envie de revenir sur la genèse de ce petit projet. Lire la suite

Petit éloge du found footage ou l’école du spectateur

Alors qu’il est souvent décrié, un genre cinématographique me retient régulièrement, grâce aux discussions que j’ai avec mon compagnon, qui me l’a fait découvrir, et à l’émission à laquelle il participe: le found footage. Le genre n’a pas bonne réputation: il s’agit en effet le plus souvent d’un sous-genre du cinéma de genre horrifique. Alors que le found footage désigne en premier lieu le réemploi (le montage) de films déjà existants, souvent extraits d’archives, c’est en tant que genre narratif reposant sur une illusion de réalité qu’il est principalement connu aujourd’hui. Un found footage est un film de fiction qui joue sur l’illusion de véracité pour donner l’impression qu’il n’est pas une fiction, et donc qu’il est réel. Lire la suite