Et Madame D. parla.

« Mes chères sœurs,

Depuis la nuit je vous parle, car c’est depuis les nuits que je sens, depuis le Grand Bris, monter l’amertume et les peines, se renouveler les douleurs, et je sens, oui, mes sœurs, je le sens, les sanglots avalés remonter en lave, ma parole éructer, les spasmes qui agitent mon corps, et je sens, oui je sens ce qui viendra, la grande COLÈRE, celle que je dis en larmes de feu et en langue de larmes, la COLÈRE qui coule en acide dans les fonderies de l’injustice, la COLÈRE qui me martèle, la COLÈRE qui me tient debout et fait avancer un pied chancelant, l’un après l’autre, en traversant des marais puants, les sulfures des envies et l’oubli de tout espoir – et c’est la COLÈRE qui porte ma voix.

Et je sais qu’au bout de ce tunnel se trouve la LUMIÈRE, celle de nos colères qui se rencontrent, se hument, s’écoutent, et se répondent. De sœur en sœur, nos colères se rejoignent, et elles se lient, comme nous nous lions. Nous nous unissons, mes sœurs, en mettant au pot commun les chagrins et les peines, les tristesses et les hontes – ET NOUS NOUS RETROUVONS DANS LA COLÈRE. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s